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Saison 2011/2012

 


Merci les gars ! On est fier de vous ! Vous nous avez fait vibrer jusqu'au bout du suspense !

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coup de coeur

Le foot sans hooligans : l'Angleterre montre la voie.

( Un article qui mérite réflexion et qui concerne aussi le hockey sur glace !)

En Suisse, le bilan des derniers mois est désastreux. Des spectateurs grièvement blessés, de gros dégâts, un engagement massif des forces de l'ordre pour empêcher les confrontations entre les supporters, la violence qui marque les matchs de foot le prouve à l'évidence : les clubs ont perdu la maîtrise d'une partie de leurs fans. Paradoxalement, c'est  l'Angleterre jadis connue pour ses hooligans qui démontre que tout peut se passer paisiblement.

Il y a quelques semaines, cinq rédacteurs du K-Tipp ( le bimensuel suisse alémanique guide des consommateurs ) assistèrent à Londres au match Arsenal contre les Blackburn Rovers. Une partie émotionnelle disputée peu avant le terme du championnat anglais. Pourtant, autour du stade d’Arsenal règne une atmosphère détendue : les supporters - parmi eux des gens de tous âges et des familles avec enfants – se dirigent tranquillement en direction des entrées. La plupart des supporters de l'équipe adverse voyagent en transports organisés et sont dirigés séparément vers leur secteur.

Pas de contrôle des sacs et quasi pas de policiers.

Autour du stade et autour de la pelouse pas de grilles comme on les connaît en Suisse. Les rédacteurs du K-Tipp n'ont qu'à glisser leur billet d'entrée dans un portillon électronique et les voilà déjà dans l'enceinte du stade, le super moderne « Emirates. ».

Il n'y a ni ouverture des sacs ni fouille corporelle. Dans le stade on sert du vin et de la bière. Les forces policières visibles autour du stade se résument à deux policiers à cheval qui se déplacent entre les supporters.

Le match se dispute à guichets fermés devant 60.000 spectateurs. L'ambiance dans le stade Emirates est bonne et sonore. Entre les supporters d'Arsenal et ceux de Blackburn, il n'y a pas de séparations.

Des supporters pacifiques même après une défaite.

La partie se termine sur un score nul 0 à 0 frustrant pour les supporters locaux d'Arsenal. Les fans de Blackburn chambrent les fans adverses en leur adressant des « Thank you » et autres « goodbye » auxquels les fans d'Arsenal répliquent par des  chants sonores.

Le personnel de sécurité prévu se tient entre les deux groupes de supporters pour intervenir en cas d'urgence, ce qui ne sera pas nécessaire ce jour-là. Les deux groupes quittent le stade en braillant mais en bon ordre. Ils se dispersent en quelques minutes dans les pubs voisins ou disparaissent dans les stations de métro.

Leçons à tirer de la catastrophe du Heysel.

Dans les années quatre-vingt, en Angleterre, il fallait des centaines de policiers dans et autour des stades pour assurer l'ordre lors des matchs de football. Et néanmoins,  les bagarres avant, pendant et après les matchs étaient régulières.

Les fans de foot anglais étaient craints pour leur violence, également à l'étranger. En 1985, lors d'un match de Coupe d'Europe au  stade du Heysel à Bruxelles, ils donnèrent l'assaut à un secteur neutre : 39 personnes perdirent la vie en tentant de fuir et environ 450 furent blessés. Tous les clubs anglais furent bannis pendant cinq ans de toute compétition européenne.

Qu'en est-il aujourd'hui ? « Depuis lors, 70 pour cent de tous les matchs de football disputés en Angleterre et au Pays de Galles dans le cadre des ligues professionnelles se déroulent sans incidents ou arrestations. Près de la moitié des rencontres professionnelles même sans présence policière. » selon un porte-parole du Ministère britannique de l'Intérieur interrogé par le K-Tipp.

En comparaison : environ 100 policiers en moyenne sont engagés en Suisse lors des matchs de Super Ligue.

Interdiction de match pour les casseurs en Angleterre.

La raison de ce changement de mentalité en Angleterre : la « loi anti-hooligans » ( cf. l'interview ci-dessous). Elle permet une réaction rapide contre les fans violents. Un exemple récent : les deux fans d'Arsenal Ashley Munt (26 ans) et Stephen Ansell (53 ans) furent arrêtés pour avoir tabassé un passant, le 25 janvier dernier à l'issue du match Arsenal- Ipswich. Deux semaines plus tard, un juge prononça contre eux le « Banning Order ». Ce qui implique pour eux pour les trois années à venir :

  • L'interdiction d'assister à tous les matchs de football disputés en Angleterre, au Pays de Galles et en Irlande du Nord.
  • Lors des matchs d'Arsenal et des rencontres de l'équipe nationale anglaise, les « bannis » doivent se tenir, trois heures avant et après les matchs, à une distance minimale de deux kilomètres du stade. Pendant ce laps de temps, il leur est également interdit d'utiliser les trains et le métro.
  • Avant tout match de l'équipe nationale disputé à l'extérieur, ils doivent remettre leur passeport à la police.

En Suisse, il appartient aux clubs de prononcer une interdiction de stade. Les clubs n'en font que rarement usage : lors des deux dernières saisons, il y eut entre 10 et 90 interdictions par club de Super Ligue.

Et que fait l'Association suisse de football (ASF) ? Elle ne semble pas pressée. Des mesures concrètes liant la vente des billets à la présentation d'une pièce d'identité – comme c'est obligatoire en Angleterre – ne sont pas encore mûres.

Le porte-parole de l'ASF déclare simplement : «  L’Association, les clubs et la Ligue s'engagent beaucoup à identifier les personnes qui contreviennent à l'ordre dans les stades et à leur signifier une interdiction de stade. »

Roger Schneeberger, secrétaire général de la Conférence des directeurs cantonaux de la justice et de la police voit la nécessité d'intervenir enfin en Suisse contre la violence  dans les stades de foot de Suisse : « Notre but doit être d'identifier les auteurs d'actes de violence, puis de les éloigner des manifestation sportives par des interdictions de stades, des mesures d'éloignement et des obligations d'annonce. Alors, les manifestations sportives pourront aussi être organisées sans présence policière. »

INTERVIEW

« Nous n'avons agi qu'après les catastrophes ».

Questions à Tony Conniford, vice-président d'une unité spéciale de police chargée des hooligans :

L’Angleterre avait autrefois de gros problèmes avec les fans de foot violents. Comment la situation s'est-elle améliorée ?

  • Le gouvernement, les responsables du football, la police et les fans collaborent et sont partenaires. De plus, les unités de sécurité suivent un entraînement professionnel. Les stades ne comportent plus que des places assises. Il sont aussi équipés de caméras de surveillance de haute définition.
  • Combien de temps a-t-il fallu pour prendre ces mesures ?
  • Le problème des hooligans existe en Angleterre depuis plus de 100 ans. Mais nous n'avons réagi qu'après les catastrophes : En 1985, 39 personnes perdirent la vie au Stade du Heysel à Bruxelles lors d'un match de Coupe européenne impliquant un club anglais. En 1989, au Stade de Sheffield, une panique entraîna la mort de 96 personnes.
  • Ce n'est qu'après les actes de violence de hooligans anglais lors du Championnat d'Europe en 2000 que le gouvernement anglais décréta les interdictions contre les casseurs, le « Banning Order ».
  • Environ 3000 personnes ont été bannies des matchs de football l'année dernière. Comment pouvez-vous garantir que ces personnes n'auront malgré tout pas accès aux stades ?

La police remet les données personnelles des gens concernés par le « Banning                  Order » aux responsables des clubs. Ce qui empêche qu'ils puissent avoir la possibilité d'acheter un billet, puisqu'ils doivent alors présenter une pièce d'identité. Les gens qui contreviennent aux dispositions du « Banning Order » risquent d'autre part jusqu'à six mois de prison et une amende pouvant s'élever à 7.500 francs.

Texte de Darko Cetojevic (K-Tipp No 8, pp. 6 et 7)

Adaptation et traduction : André Donzé